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Requalification de l’Institut du génie civil au Val Benoît à Liège

A l‘aube d‘une ère nouvelle

Abandonné par l’Université de Liège en 2006 lors du transfert de ses activités vers le domaine universitaire du Sart Tilman, l’Institut du génie civil a été acquis par la SPI (Agence de développement économique pour la province de Liège) pour y créer un parc d’activités économiques. Une rénovation basse énergie et une requalification d’immeuble qui s’inscrivent dans un ambitieux master-plan.

PROJET INSTITUT DE GÉNIE CIVIL - VAL BENOÎT
LIEU VILLE DE LIÈGE
MAÎTRE D’OUVRAGE SPI (AGENCE DE  DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE POUR LA PROVINCE DE LIÈGE)
ARCHITECTES ASSOCIATION MOMENTANÉE DES BUREAUX D’ARCHITECTURE BAUMANS-DEFFET ET ALAIN DIRIX, ET DU BUREAU D’ÉTUDES LEMAIRE
CONSTRUCTEURS ASSOCIATION MOMENTANÉE DES CONSTRUCTEURS GASPARD, GROVEN+ / GROVEN+ PORTAL ET VORSSELMANS
SYSTÈMES SCHÜCO MUR-RIDEAU FW 50+ S AVEC FENÊTRE OUVRANTE AWS 75 BS.SI+, FENÊTRE AWS 75 WF.SI, FERRURE AVANTEC SIMPLYSMART ET PROTECTION SOLAIRE CTB
RÉDACTION ERIC CLOES
PHOTOS SPI - ARNAUD SIQUET

Le contexte

C’est une abbaye cistercienne du XIIIe siècle qui a donné son nom au site du Val Benoît. Lors de la révolution liégeoise en 1796, cette abbaye fut en partie détruite une première fois, avant de complètement disparaitre sous les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1930 et 1965, l’Université de Liège construit sur le site une série d’immeubles dédiés à l’enseignement des sciences appliquées, qu’elle utilisera jusqu’en 2006. Idéalement situé en bord de Meuse et de l’autoroute E 25, et à quelques minutes de la gare internationale des Guillemins, ce site fait aujourd’hui l’objet d’un ambitieux projet de réhabilitation. « Nous souhaitons y créer un véritable « morceau de ville » qui comprendra des espaces de travail, des lieux culturels, des espaces verts et des logements », explique Fabienne Hennequin, ingénieurarchitecte urbaniste à la SPI et chef de projet. « Ce site de plus de 9 hectares situé aux portes de la ville de Liège présente des qualités architecturales et urbanistiques exceptionnelles.

« Nous souhaitions pouvoir réaliser une rénovation de grande qualité, c’est pourquoi nous avons attribué le chantier en lots séparés avec une mission de coordination pour l’entreprise générale. Etant donné l’importance des façades vitrées dans ce projet, il était impératif de pouvoir choisir des systèmes qualitatifs et de pouvoir collaborer avec des entreprises qui ont
pignon sur rue. »

Fabienne Hennequin, ingénieurarchitecte urbaniste à la SPI, chef de projet

Le génie civil

L’institut du génie civil, construit dans les années trente, est l’oeuvre de l’architecte Joseph Moutschen. L’immeuble n’est pas classé mais repris à l’inventaire du patrimoine wallon car il constitue un superbe exemple de l’architecture moderniste des années rente, à laquelle appartiennent aussi les principaux autres immeubles du site. Le bâtiment a été construit sur le principe structurel dit « poteaux/poutres », et est pourvu de gigantesques façades de type « mur-rideau ». La structure ouverte en béton armé et les façades mur-rideau en acier et en verre ont largement facilité la requalification de l’immeuble. « Lorsque nous avons abattu les cloisonnements intérieurs, nous nous sommes retrouvés avec de très grands espaces libres de toutes contraintes et inondés de lumière naturelle», explique Fabienne Hennequin, « Ceci correspondait parfaitement à la nouvelle destination que nous voulions donner au bâtiment : des plateaux ouverts que les entreprises peuvent s’approprier en fonction de leurs besoins spécifiques », poursuit-elle. « D’habitude, nous achetons des terrains que nous équipons et que nous divisons en parcelles à destination des entreprises. Nous créons ici notre première zone économique verticale. Les parcelles ne sont plus l’une à côté de l’autre mais l’une au-dessus de l’autre. Ce nouveau type d’intervention présentent de nombreux avantages en termes d’impact environnemental : une rénovation du patrimoine existant, une économie de conversion de terres agricoles en zones industrielles et une localisation en zone urbaïne pré-existante. Et, cerise sur le gâteau, l’on bénéficie ici d’une localisation sans précédent à proximité du centre-ville », conclut Fabienne Hennequin.

Une rénovation très basse énergie

L’objectif étant d’obtenir une rénovation très basse énergie, l’isolation du bâtiment a constitué l’un des principaux défis de cette requalification. L’intérêt patrimonial des façades n’autorisait en effet pas d’intervention par l’extérieur sur les murs maçonnés, et les murs rideaux en acier et en simple vitrage étaient posés entre les colonnes en béton armé, constituant autant de ponts thermiques. Les architectes ont dès lors proposé deux interventions distinctes : l’isolation des parois opaques par l’intérieur et le déport vers l’extérieur des nouvelles façades vitrées de manière à inclure toute la structure en béton armé dans le volume chauffé.

La résolution des noeuds constructifs entre ces façades vitrées déportées et l’isolation intérieure des murs a évidemment exigé une bonne dose de créativité technique et a été étudiée en collaboration avec le bureau Matriciel de l’Université de Louvain-la-Neuve dont c’est une des spécialités. « Le déport des façades vers l’extérieur offrait un double avantage », précise Bernard Deffet, « il a résolu de nombreux ponts thermiques aux niveaux des colonnes et des dalles de sol, et a de surcroit libérer un espace technique qui a permis l’intégration invisible des stores solaires et l’isolation des allèges par l’intérieur. » Afin de conserver le rythme et la modulation des façades, la trace des anciennes colonnes a été suggérée par la pose d’éléments verticaux en forme de U et réalisés en tôles d’aluminium laquées en blanc.

« Nous souhaitions pouvoir réaliser une rénovation de grande qualité, c’est pourquoi nous avons attribué le chantier en lots séparés avec une mission de coordination pour l’entreprise générale », précise Fabienne Hennequin. « Cette manière de procéder nous a permis de conserver un droit de regard sur les principaux lots plutôt que de subir l’imposition de produits et de sous-traitants inconnus. Etant donné l’importance des façades vitrées dans ce projet, il était impératif de pouvoir choisir des systèmes qualitatifs et de pouvoir collaborer avec des entreprises qui ont pignon sur rue », poursuit-elle. C’est finalement une association momentanée de trois constructeurs belges de menuiseries en aluminium qui a pris en charge la mise en oeuvre des nouvelles façades vitrées sur base de systèmes Schüco. « Les façades ont l’air toutes identiques mais de nombreux détails liés à la structure existante ont dû être étudiés et mis en oeuvre avec précision. La collaboration de la société Schüco dans la conception du projet et l’engagement des constructeurs dans sa mise en oeuvre nous ont permis d’atteindre un résultat de très haute qualité qui nous réjouit », souligne Bernard Deffet.

« Les façades ont l’air toutes identiques mais de nombreux détails liés à la structure existante ont dû être étudiés et mis en oeuvre avec précision. La collaboration de la société Schüco dans la conception du projet et l’engagement des constructeurs dans sa mise en oeuvre nous ont permis d’atteindre un résultat de très haute qualité qui nous réjouit »,

Bernard Deffet, architect du bureau d'architecture BAUMANS-DEFFET

L’aluminium en remplacement de l’acier

Les systèmes de fenêtres et de murs rideaux devaient d’une part se substituer aux anciens châssis en acier avec un minimum de similitude esthétique, et d’autre part, offrir un niveau d’isolation supérieur en étant notamment capables de recevoir du triple vitrage. Les bandeaux de fenêtres horizontaux posés dans les parements en brique ont été réalisées avec le système Schüco AWS 75 WF.SI+ qui offre une largeur vue de profilé étroite et qui s’apparente aisément aux murs rideaux réalisés en profilés de 50 mm de largeur. Les fenêtres ont été posées en battée de manière traditionnelle. Les grandes façades murs rideaux ont exigé une conception plus poussée. Le choix du profilé s’est porté sur le système Schüco FW 50+ S (S pour Steel) qui présente une largeur vue extérieure de 50 mm et un profilé porteur intérieur aminci en forme de T, qui rappelle les anciens profilés en acier. Là où des fenêtres ouvrantes s’imposaient dans les murs rideaux, c’est le système à ouvrant masqué Schüco AWS 75 BS.SI+ qui a été retenu. Il offre l’avantage de minimiser l’impact visuel des parties ouvrantes et donc de mieux respecter la trame principale des façades. Pour pouvoir déporter les murs rideaux vers l’extérieur hors de la structure en béton, les constructeurs ont eu recours à d’imposants supports en acier inoxydable fixés d’une part sur les colonnes et les poutres en béton armé et d’autre part sur la structure portante intérieure des murs rideaux. Le poids des triples vitrages devaient en effet être intégralement transmis à la structure existante sans créer de nouveaux ponts thermiques. Pour les façades extérieures de l’immeuble en « carré », l’architecte a retenu une couleur « vert de gris » qui devrait être relativement conforme à la teinte originelle des profilés en acier. « Nous n’avons pas pu retrouver d’échantillon des châssis originaux, nous nous sommes donc basé sur des textes d’époque pour définir une teinte qui respectait l’esprit initial du bâtiment, explique Bernard Deffet. Côté cour, c’est le blanc qui domine, que ce soit pour les façades vitrées ou pour les nouvelles parois maçonnées au niveau des raccords des anciens auditoires avec la cage d’escalier.

Le confort d’été

L’institut du génie civil présentant des grandes façades vitrées orientées vers les quatre points cardinaux, la potentielle surchauffe des espaces de travail éclairés par des façades orientées au sud ou à l’ouest constituait un autre défi. Pour la Commission Royale des Monuments, Sites et Fouilles, consultée lors de la conception du projet, il était indispensable de résoudre ce problème sans détériorer l’aspect esthétique des façades. Les architectes ont donc privilégié un système de protection solaire extérieure parallèle aux façades. Leur choix s’est porté sur le système de store en lamelles d’aluminium CTB de Schüco. « Les lamelles en aluminium anodisé présentent une exceptionnelle résistance au vent et permettent une protection solaire efficace tout en conservant un apport de lumière naturelle. Les stores se rangent dans des caissons qui ont pu être dissimulés dans les allèges opaques. Pour ce faire, nous avons déporté le verre d’allège opacifié et sérigraphié vers l’extérieur de quelques centimètres, » précise Bernard Deffet. Un système de détection climatique commande automatiquement les stores, aussi munis d’une commande électrique de dérogation qui permet à chacun d’en moduler le fonctionnement suivant ses besoins.