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Rénovation de l’immeuble Charlemagne à Liège

Une nouvelle peau performante et dynamique

Un des immeubles administratifs de la Province de Liège a récemment été pourvu de nouvelles façades très basse énergie parfaitement adaptées à leur environnement urbain : elles sont thermiquement et acoustiquement isolées, lisses et donc faciles d’entretien, mais aussi dynamiques par une alternance « de pleins et de vides », le jeu des paresoleils coulissants et l’angle illuminé aux couleurs changeantes.

PROJET IMMEUBLE DE BUREAUX CHARLEMAGNE
LIEU VILLE DE LIÈGE
MAÎTRE D’OUVRAGE PROVINCE DE LIÈGE
ARCHITECTE PHILIPPE MOREAU, SERVICES PROVINCIAL DES BÂTIMENTS
CONSTRUCTEUR GROVEN+ PORTAL
SYSTÈMES SCHÜCO FAÇADE CADRE UCC 65 SG ET FENÊTRES À OUVRANTS CACHÉS AWS 70 BS.HI

Un parti architectural fort

Implanté dans l’épicentre de Liège à l’angle des places Saint-Lambert et de la République Française, l’immeuble Charlemagne - conçu par l’architecte Henri Bonhomme à la fin des années septante - dispose d’une situation exceptionnelle dans la cité ardente. Mais cet immeuble âgé d’une  quarantaine d’année présentait aussi des performances énergétiques désastreuses. Après avoir loué l’immeuble pendant vingt ans, la province décide donc de l’acheter et de le rénover en profondeur.

Après une première phase de travaux intérieurs, le service des bâtiments de la province s’est attaqué aux façades. L’architecte Philippe Moreau nous résume la composition des anciennes façades : « Les éléments de façade en béton architectonique ne contenaient aucune isolation.
Seuls quelques centimètres de béton armé séparaient l’intérieur de l’extérieur, tandis que les châssis de fenêtre pivotant en aluminium sans rupture thermique étaient pourvus d’un double vitrage de toute première génération et ne présentaient, pour la plupart, plus aucune étanchéité à l’air. »

« Je souhaitais éviter que les châssis de fenêtres en aluminium pourvus d’une finition « inox » ne réfléchissent la lumière de manière trop homogène et se présentent comme de grands aplats. Schüco a donc extrudé un profilé extérieur spécial en forme de « couteau », son relief
joue de manière subtile et variée avec la lumière naturelle. »

Philippe Moreau, Architecte, au service provincial des bâtiments

Un concept original

L’objectif de la rénovation des façades étaient de les isoler fortement par l’extérieur, mais aussi de masquer les modules préfabriqués en béton architectonique qui avaient mal supporté la pollution urbaine. « Je souhaitais aussi que le public comprenne notre démarche de rénovation des façades et pour ce faire rendre l’isolation visible de l’extérieur », explique Philippe Moreau, « j’ai donc recherché un isolant à l’aspect naturel qui disposait d’une qualité de finition telle que le matériau puisse rester apparent. Après de longues recherches, mon choix s’est posé sur l’Héraklith (*). »

Le concept utilisé est en effet est pour le moins créatif et original. Les panneaux pleins d’allège et de trumeau sont constitués de cassettes vitrées pourvues d’un double vitrage collé à l’extérieur et d’une cassette intérieure comprenant une tôle d’aluminium et une isolation de laine de roche de 75 mm d’épaisseur recouverte côté rue par un panneau d’Héraklith de 25 mm d’épaisseur. Ce dernier panneau, visible au travers du vitrage, présente un aspect naturel brut de fibres entremêlées et une teinte claire proche de celle de l’immeuble situé de l’autre côté de la rue. Pour parfaire l’isolation, l’espace, de profondeur variable, compris entre les éléments en béton architectonique et la face intérieure de la nouvelle façade ont été préalablement comblés par des blocs de laine de roche prédécoupés sur mesure, d’une épaisseur variant de 4 à 24 cm et fixés mécaniquement sur le béton des façades. Par la combinaison de ces deux isolations, les nouvelles façades présentent des valeurs U comprises entre 0,152 et 0,24 W/(m²K) en fonction de l’épaisseur d’isolation, soit à peine supérieur au niveau dit passif.

Pour prolonger l’esprit des façades à l’intérieur des bureaux, les lamelles en verre des pare-soleils ont été sérigraphiées avec un dessin imitant parfaitement l’aspect du panneau d’Héraklith. « Lorsque les rayons du soleil traversent les lames en verre sérigraphié, ces dernières procurent une ombre parsemées de petites taches de soleil, semblable à celle que distille un arbre ou un chapeau de paille », explique Philippe Moreau.

Des défis de taille

L’excellente situation de l’immeuble en centre-ville a aussi été à l’origine d’une mise en oeuvre complexe : l’emprise sur la voirie était limitée dans le temps au déchargement des camions et n’autorisait aucune surface de stockage, les commerces du rez-de-chaussée devaient pouvoir fonctionner normalement, la circulation des piétons sur le trottoir devait être garantie et sécurisée, et last but not least, l’occupation des bureaux ne pouvaient pas être interrompue par la mise en oeuvre des nouvelles façades.

Ces importantes contraintes de chantier ont conduit l’entreprise Groven+ Portal et la société Schüco à concevoir un projet sur base de façades-cadres. Cette technique permet en effet de réduire le temps de chantier par une préfabrication poussée. Eric Vanguestaine, Regional Manager de la société Groven+ Portal nous relate la conception et la mise en place du chantier : « Nous avons d’abord construit un tunnel pour permettre la circulation sécurisée des piétons et l’accès aux commerces du rez-de-chaussée. Nous avons ensuite disposé un plateforme élévatrice sur chacune des deux façades principales, que nous avons prolongé par des échafaudages traditionnels pour couvrir l’entièreté des façades. De cette manière, les modules de façades étaient déchargés des camions vers les nacelles qui les amenaient au bon niveau. Un rail disposé en tête de mur d’acrotère nous permettait ensuite de faire coulisser chaque cadre jusqu’à son emplacement à l’aide d’un treuil. »

La pose des nouvelles façades a été relativement rapide puisqu’en pleine façade, l’entreprise posait de vingt à vingt-cinq cadres par jour. « Lorsque la façade a été entièrement parachevée, nous avons pu démonter les anciennes fenêtres par l’intérieur et posé un cadre en aluminium pour assurer la finition entre la nouvelle fenêtre et les parachèvements intérieurs », conclut Eric Vanguestaine.

« Le système de façade cadre nous a permis de relever les défis liés à la situation urbaine de l’immeuble. Il a en outre l’avantage de diminuer drastiquement l’intervention sur chantier. J’estime que notre temps de mise en oeuvre a été diminué par deux en comparaison avec
la pose d’un système de murrideau traditionnel. »

Eric Vanguestaine, Regional Manager de la société Groven+ Portal

Een high-tech gevel

La façade a été entièrement préfabriquée sur base d’une modulation de 90 cm de largeur. C’est le système de façade cadre Schüco UCC 65 à verre collé qui a été retenu. Les cadres ont la hauteur d’un étage et une largeur de 1,80 m. Ils comprennent une fenêtre de vision et un élément fixe de trumeau latéral, ainsi que les modules d’allège correspondants. Les cadres entièrement construits et équipés en usine sont pourvus des cassettes isolantes, des vitrages et des fenêtres ouvrantes.

Pour les parties vision, le système de fenêtre à ouvrant caché Schüco AWS 70 BS.HI a été utilisé et intégré à la façade cadre. « Je souhaitais éviter que les châssis de fenêtres en aluminium pourvus d’une finition « inox » ne réfléchissent la lumière de manière trop homogène et se présentent comme de grands aplats. Schüco a donc extrudé un profilé extérieur spécial en forme de « couteau », son relief joue de manière subtile et variée avec la lumière naturelle », explique Philippe Moreau. Les fenêtres ouvrantes ont été pourvues d’un mécanisme tombant-ouvrant avec limitateur d’ouverture à la position tombante. « Je trouve important que le personnel puisse avoir une certaine sensation de liberté et donc de pouvoir ouvrir les fenêtres quand cela lui plait, même si cela contrecarre parfois l’action du chauffage ou du conditionnement d’air », précise Philippe Moreau. Ces fenêtres ouvrantes sont aussi utilisées manuellement pour créer une ventilation intensive de nuit. Les pare-soleils coulissants de protection des fenêtres de bureau sont motorisés et pilotés par un détecteur de luminosité. Ils sont toutefois pourvus d’une possibilité de dérogation par bureau pour offrir une certaine liberté, comme les fenêtres ouvrantes.

Une dynamique urbaine

La façade entièrement lisse et vitrée est garante d’un faible encrassement et d’une grande facilité d’entretien. Elle n’est toutefois ni monotone ni statique, elle présente au contraire une dynamique intéressante.

Le jeu de l’alternance des fenêtres de vision et des panneaux d’Héraklith en retrait, et les panneaux pare-soleils coulissants participent à une lecture dynamique de la façade. L’élément le plus marquant reste toutefois l’angle saillant de l’immeuble à la jonction des deux places. L’usage du vitrage à LED intégré crée un signal et un nouveau point de repère dans la ville. Les deux faces intérieures du double vitrage ont été sérigraphiées en couleur.

La face côté intérieur avec les teintes de fond, la face extérieure avec le lettrage qui identifie le bâtiment, sans recourir à une enseigne de type commercial. Des barrettes de lampes LED de type RVB (couleurs variables) disposées dans la tranche du double vitrage illuminent les panneaux vitrés et rendent le texte lisible, tout en créant une certain dynamique.

* Les panneaux d’Heraklith sont constitués de laine de bois comprimée. Il s’agit d’un isolation naturel qui présente de bonnes performances acoustiques et thermiques. Ces panneaux écologiques sont aussi imperméables, et résistant au feu et à la moisissure.