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Casa Ferrero

Situé à proximité immédiate de l’aéroport du Findel, le nouveau siège mondial de Ferrero rassemble dans un même bâtiment de près de 30.000 mètres carrés plus de 1.200 personnes auparavant éparpillées sur 5 sites. L’idée-maîtresse lors de la conception était de recréer l’ambiance des places italiennes grâce à un vaste atrium autour duquel s’organisent plusieurs niveaux de bureaux répartis sur deux ailes.



PROJET: CONSTRUCTION DU SIEGE MONDIAL DU GROUPE FERRERO

LIEU: SENNINGERBERG (G.-D. LUXEMBOURG)

MAITRE D’OUVRAGEFERRERO INTERNATIONAL

ARCHITECTE: PERRY WEBER ET ASSOCIÉS

ENTREPRENEUR: GROVEN+ PORTAL (menuiserie extérieure)

PROMOTEURS - CONSTRUCTEURSBESIX RED, FÉLIX GIORGETTI

INGÉNIEURS-CONSEILBEST, BETIC

ARCHITECTE D’INTÉRIEUR LONSDALE / AKDV

SPACE PLANNING: TDO CONSULTING

SYSTÈMES SCHÜCO:

SCHÜCO AWS 75.SI 

SCHÜCO FWS 50.SI

SCHÜCO AOC 50.SI

SCHÜCO  AOC 60.ST

« Pour ce projet, tout est allé très vite. Nous avons réalisé l’étude en même temps que le projet. Nous sommes très satisfaits de la collaboration avec GROVEN+PORTAL et Schüco. Nous avons déjà construit plusieurs projets ensemble (comme l’immeuble KMPG au Kirchberg) et nous en construirons sans doute encore d’autres. »

Damien Roskam, Conducteur des travaux chez Félix Giorgetti


LE CHARME DE L’ITALIE... À LUXEMBOURG

Livrée en décembre 2019, la Casa Ferrero est implantée au cœur d’un réseau de communications regroupant aéroport, autoroute et transports en commun. Elle a été développée en commun par les équipes de Besix Red et de Félix Giorgetti, chacun détenant au départ une parcelle voisine de l’autre. C’est la jonction de ces parcelles et de ces compétences qui a permis d’aboutir au résultat que l’on peut admirer aujourd’hui : un bâtiment à la fois impo­sant et élégant, qui est un lieu de travail agréable et fonctionnel pour les collaborateurs du groupe agroalimentaire.

La Casa Ferrero se compose de deux blocs construits sur un sous-sol commun. Le bloc A, infrastructure existante, a été démoli partiellement pour ne garder que les 3 niveaux de sous-sol, tandis que le bloc B est entièrement neuf. Hors sol, les deux blocs sont reliés par un atrium central entièrement couvert par une verrière. Dans cet espace, la circulation horizontale entre les deux blocs se fait via des passerelles décalées d’une portée d’environ 20 mètres ; la circulation verticale s’effectue quant à elle par des ascenseurs panoramiques vitrés. Les surfaces de bureaux se déploient sur 9 étages, profitant d’un maximum de luminosité. L’immeuble comprend également une cuisine d’entreprise, plusieurs restaurants, une salle polyvalente, une boardroom et un espace de fitness. Les deux derniers niveaux inférieurs sont dédiés aux locaux techniques et emplacements de stationnement (environ 900 places).


Plus de 100 mètres de façade à rue

Prévues initialement en système rideau, les façades en bandeaux des étages des deux ailes ont finalement été réalisées sur base de châssis pour pouvoir assurer une pose des vitrages par l’intérieur tout en gardant une largeur limitée pour le montant de fenêtre central. En choisissant ce mode constructif, il s’agissait de pouvoir exploiter la technologie, les performances et les accessoires d’un système existant (Schüco AWS 75 SI) tout en obtenant l’esthétique souhaitée par l’architecte : un aspect plat à l’intérieur et un léger relief à l’extérieur. Dans ce but, un profilé a été fabriqué sur mesure pour permettre un meilleur alignement avec le plan du vitrage afin de donner l’aspect d’un bandeau vitré continu. Le profilé a par ailleurs été renforcé côté extérieur. Ainsi optimalisés, les cadres préfabriqués ont ensuite été juxtaposés sur chantier, pour donner la largeur vue souhaitée. Ces cadres reçoivent du triple vitrage dont la face intérieure est feuilletée par mesure de sécurité. La face extérieure du vitrage intègre quant à elle un contrôle solaire pour limiter la surchauffe.

Au total, ce sont 3500 mètres carrés d’éléments de ce type qui ont été placés sur ce chantier.



Murs-rideaux

La façade à rue présente au rez-de-chaussée un système de mur-rideau classique (FWS 50 SI), tout comme le dernier étage abritant des locaux techniques sur les deux tiers du bâtiment. Quant au tiers gauche, qui héberge la board room, avec salles de réunion et de réception, il a été réalisé en mur-rideau FWS 50 en très petites sections, directement fixées sur les poteaux métalliques du gros-œuvre, du côté intérieur.

Par contre, le très vaste mur-rideau de l’entrée principale (environ 500 mètres carrés) a nécessité des solutions moins conventionnelles, les portées ne permettant pas de travailler tout en aluminium. Pour des raisons de résistance et de conception, la structure a été réalisée en acier, portant du sol au plafond en prenant appui sur les voiles de béton latéraux. La présence du sas d’entrée (caisson double paroi à ossature métallique de plus de 10 mètres de haut) au centre de ce mur-rideau joue un rôle de raidisseur, ce qui a permis de travailler avec des sections qui restent raisonnables. Pour éviter de venir ajouter une structure aluminium sur la structure en acier, c’est le système Schüco AOC 60 ST qui a été utilisé. Il s’agit d’un petit profilé porte-joint fixé directement sur la structure métallique. La structure a ainsi été préforée en atelier, et un prémontage à froid des profilés a été réalisé avant démontage en atelier et remontage sur le chantier. Les joints en néoprène ont ensuite été déroulés sur les profilés et les accessoires placés pour pouvoir recevoir les vitrages et capots de finition extérieurs.

Le bâtiment compte non moins de 2.600 mètres carrés de murs-rideaux de type FWS 50 ou AOC 60 ST.

Les couleurs de Ferrero se retrouvent subtilement sur les façades, avec des touches de bronze et un effet doré au niveau des vitrages des sas d’entrée. Celui-ci a été obtenu en intégrant en cours de projet une maille textile couleur or dans le vitrage feuilleté.


Piazza lumineuse

Derrière ce mur-rideau d’entrée se révèle la partie sans doute la plus impressionnante du siège de Ferrero : son vaste atrium conçu comme un espace d’accueil et de rencontre, une place couverte, ouverte à la vie de l’entreprise et aux interactions entre les employés. Cet espace intérieur est surplombé d’une impressionnante verrière de 800 mètres carrés, qui présente deux particularités techniques : une très faible pente de seulement 2 degrés (contre 7 degrés habituellement) pour des raisons esthétiques, et une exigence de résister à des variations de température de 200 degrés, conformément aux simulations feu effectuées.

De plus, le client souhaitait une structure la plus légère possible, raison pour laquelle la verrière fut réalisée en aluminium plutôt qu’en bois. La faible pente des versants a engendré la création d’un profilé spécifique en aluminium basé sur le système AOC 50 pour pouvoir dérouler sur les trois versants un joint en néoprène d’une seule pièce permettant d’assurer le drainage en continu de la faîtière au chéneau.

Quant à la résistance aux températures jusqu’à 200 degrés, il fallait garantir la stabilité statique de l’ossature aluminium. Les sections ont donc été dimensionnées en fonction de cette exigence, et des joints de dilatation de l’ordre de 30 mm ont été prévus entre chaque tronçon.

Esthétiquement comme techniquement, l’atrium est une réussite. Un pavage au sol et un rendu crépi coloré sur les murs rappellent l’ambiance des places italiennes. Tant au niveau thermique (absence de surchauffe) qu’acoustique, l’immense espace couvert est agréable en toutes saisons. Passerelles, ascenseurs vitrés et escaliers disposés en apparence aléatoirement ont constitué de véritables défis techniques pour les entreprises. Les garde-corps vitrés des passerelles ont été réalisés par GROVEN+PORTAL avec un système de rail alu qui vient pincer le verre de manière à n’avoir que le vitrage comme garde-corps.


Classique mais exigeant

Tant le projet et que les produits mis en œuvre restent ici assez classiques, rien d’extravagant. Ferrero a voulu un bâtiment avant tout fonctionnel et agréable pour tous ceux qui y travaillent. Seuls les deux grands murs-rideaux et la verrière ont demandé plus de travail.

Corentin Habran, chef de projet chez GROVEN + PORTAL : « La complexité du projet vient d’une part de sa taille et, d’autre part, de la multitude de produits et de conceptions différents : on a par exemple 3 ou 4 conceptions de mur-rideau, ... »

Christophe Rademaker, Project and customized solutions engineer chez Schüco Belgium : « Nous n’avons pas été poussés dans nos retranchements techniques, il fallait juste pouvoir répondre à toutes les exigences du client. Il est assez fréquent que, pour des projets de cette taille, nous créions des profils sur mesure basés sur des systèmes existants. »

Damien Roskam, Conducteur des travaux chez Félix Giorgetti : nous avons l’habitude de mélanger les rôles de promoteur et de constructeur. Pour ce projet, une telle intégration s’est révélée bénéfique pour pouvoir réagir rapidement aux nombreuses demandes d’adaptations du client. »


Collaboration bien huilée

Félix Giorgetti, GROVEN+PORTAL et Schüco n’en sont pas à leur premier projet commun. Ils ont par exemple déjà réalisé l’immeuble de KPMG au Kirchberg, ainsi qu’une partie de son voisin, pour Arendt & Medernach.

Damien Roskam : « Nous avons de bons contacts avec Schüco, à qui on demande régulièrement des études pour des projets en préparation, pour disposer de solutions techniques économiques que l’on puisse intégrer dans nos bordereaux. Nous collaborons aussi avec GROVEN depuis une dizaine d’années et sommes satisfaits de la qualité de leur travail, particulièrement de leurs études techniques. Les plans d’exécution sont très bien préparés et, pour de tels marchés, le rapport qualité/prix est bon. »

Corentin Habran : « GROVEN+PORTAL travaille depuis très longtemps avec l’équipe et les produits Schüco. Leur support technique et de développement est très bon, avec une bonne coordination en interne avec leur bureau d’études à Bielefeld. Nous pouvons compter sur une qua-lité des produits et du support technique que l’on n’aurait pas forcément ailleurs. Ils peuvent être fiers du projet autant que nous. C’est cette fluidité de l’information en cours d’études qui permet d’arriver à de tels résultats. »